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Date de création : 16.09.2013
Dernière mise à jour :
28.08.2014
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lice avait perdu la mesure du temps. Elle ne savait plus si elle était dans cette pièce qui semblait être une salle d'attente depuis une, ou deux heures. Elle était peut-être même ici depuis trois heures.
Cet endroit était très petit. A son arrivée dans la pièce, ce qui avait le plus surpris Alice était la taille des portes; elles étaient totalement surdimensionnées par rapport aux petits murs. Elles semblaient être apte à accueillir de très grandes et larges personnes, mais ces individus peineraient à tenir dans ce lieu.
La salle était très peu décorée, des chaises, bancs et fauteuils de diverses tailles l'occupaient, mais rien n'était accroché aux murs. Seul un très grand lustre pendait du mur, et éclairait étrangement bien l'endroit.
La jeune femme baissa à nouveau les yeux sur le ticket qu'elle tenait entre les mains, celui-ci indiquait un très grand chiffre illisible. Ce bout de papier était apparu sur une des chaises à son arrivée, Alice avait deviné qu'il s'agissait d'un ticket d'ordre de passage, mais le seul problème était qu'elle était la seule personne présente dans cette salle d'attente.
Alice avait bien tenté d'en sortir, mais l'une des portes était malheureusement fermée à clef, et plus surprenant, l'autre ne disposait pas de poignée.
Si elle s'était retrouvée là, c'était par curiosité, mais surtout par accident.
Du haut de ses dix-neuf ans, Alice Liddell était la fille de Lorina et Henry Liddell, mais malgré la position aisée de sa famille, elle s'ennuyait particulièrement. Fort heureusement, la grand-mère d'Alice était propriétaire d'une librairie, où la jeune femme passait la majeure partie de son temps.
Elle préférait la compagnie des livres à celles des personnes, elle ne s'entendait pas particulièrement bien avec sa famille, et sa grand-mère était décédée depuis quelques temps. La vie qu'Alice s'était imaginée dans sa tête était bien plus trépidante et intéressante de toute façon.
Un jour lassée par les livres de la boutique, Alice se dirigea vers les ouvrages cachés du grand public dans l'arrière boutique. Et il se trouvait, qu'en vérité, la grand-mère d'Alice possédait un grand nombre de livres occultes.
La jeune femme avait lu avidement chacun de ces livres imposants, ravie d'avoir trouvé un monde fantastique qui avait l'air d'exister. Elle avait même trouvé unenoteau début d'un des livres, indiquant qu'il avait été «mis à jour le dix juillet 1860». Étant donné qu'Alice avait remarqué cette annotation trois mois plus tard, et que son aïeule avait trépassé depuis au moins un an, soit quelqu'un s'était introduit dans la librairie pour y écrire cette plaisanterie, soit une créature luciférienne avait vraiment rédigé cette note. Ou alors elle était totalement erronée, et sa grand-mère l'avait écrite de son vivant pour plaisanter.
Ces livres abordaient un sujet qu'Alice ne connaissait que très peu. Avant de les lire, tout ce qu'elle en savait, était que c'était très mal. En effet, l'Enfer souffrait d'une très mauvaise réputation. C'était sûrement dû à ce que en dit la Bible dessus, les péchés commis mènent l'Homme en Enfer et à ses créatures horribles, pour payer les maux causés, l'irrespect aux règles posées. Ou imposées..
Au dix-neuvième siècle, l’Église perdait en puissance et importance dans la société, en particulier à grâce à (ou à cause de,selon d'autres) l'ouvrage de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. Cette révolution des manières de penser des Hommes était une bonne chose selon Alice, elle avait lu pour sa culture personnelle la Bible, et n'avait pas beaucoup aimé cette œuvre. Certes elle faisait partie d'une grande culture, mais les massacres causés par l'adoration extrême d'un Dieu qui ne protégeait pas vraiment ses fidèles dégoûtait Alice. Elle était consciente qu'il existait d'autre religions peut être moins connue, où les adeptes se respectaient eux-même et leurs semblables. Alice savait que certains étaient un peu extrémistes, et qu'il était inutile de mettre tout le monde dans la même catégorie. Les parents d'Alice n'étaient pas vraiment croyants, il n'y avait aucun objet catholiques dans leur maison, ce qui leur avaient valu des remarques de la part de certains invités. Mais il lui semblait qu'ils croyaient en quelque chose, mais ses parents ne lui en avaient jamais parlé. Peut-être qu'elle se faisait des idées.
Quoi qu'il en était, Aliceavait très envie de découvrir un nouveau monde depuis son enfance. En quelques heures, elle était passée du monde des fées au monde infernal. Sa vision des choses était peut être embuée par son désir de connaître quelque chose de nouveau, elle savait qu'elle prenait peut-être l'Enfer pour un endroit bucolique, elle l'enjolivait sûrement un peu trop dans sa tête. Mais sa soif de nouveauté était trop forte. Elle avait finalement décidé après beaucoup de réflexions de réciter une des incantions lue dans un des livres. Elle se savait peu proche de ses parents et amis, si jamais elle était bloquée dans cet autre endroit, cela ne lui poserait pas de problèmes.
C'est alors qu'une nuit, à la pleine lune et à minuit comme indiqué dans le manuscrit, qu'Alice prépara la «cérémonie», comme appelé dans cet ouvrage. Elle avait tracé un pentacle à l'aide de la cire d'une bougie sur le parquet de l'arrière boutique, et placé quelques bougie autour d'elle. Elle avait ensuite récité l'incantation nécessaire pour se rendre en Enfer, s'il existait bel et bien. Si non, elle se trouverait bien idiote. Elle avait prononcé chaque mot d'une voix forte et sûre, et au fur et à mesure qu'elle parlait, tout tournait autour d'elle, les murs, les meuble et le sol en dehors du pentacle se déformaient à vive allure. Puis lorsqu'elle arriva à la fin de sa lecture, le sol sembla céder sous les pieds d'Alice, elle ressentait une sensation de chute interminable, tout autour d'elle était totalement noir, et finalement, elle avait chuté dans cette salle d'attente, non sans se blesser aux bras et genoux.
C'était de cette manière qu'Alice s'était retrouvée ici. Avec tout ce temps qui s'était écoulé, ajouté à la solitude de la jeune femme, Alice commençait à se demander si elle avait bien fait de s'intéresser à la magie noire. Mais pouvait-elle qualifier ce qu'elle avait fait de mauvaise sorcellerie? Certes, les livres qu'elle avait lu avaient une décoration tout de même un peu macabre, mais elle n'avait ni invoqué une des divinités du livre, ni jeté un sort à qui que ce soit, ou fait quelque chose de mal. Elle s'était juste rendue d'une manière surprenante dans une pièce vide. Cela valait bien le coup de salir un parquet d'ailleurs.
Mais sa peur que personne ne vienne la chercher ici grandissait peu à peu. Alice craignait de mourir de faim, de soif et surtout d'ennui dans cet endroit.
Elle était encore en train de réfléchir à ses craintes, quand une des portes s'ouvrit. Une fumée épaisse s'échappait de cette ouverture. Ne sachant pas à quoi s'attendre et un peu intimidée, Alice préféra rester sur sa chaise. C'est alors qu'une main colossale se posa sur le côté de la porte. Cette main surdimensionnée était couverte de pustule, mais semblait humaine en se fiant à la couleur et la forme, mais elle était complètement mal-formée.
La jeune femme aperçut à travers la fumée dense la silhouette énorme de cette créature dans l'autre pièce, mais en réalité elle ne souhaitait pas vraiment connaître l'apparence du propriétaire de cette main repoussante.
Sans s'en rendre compte, Alice s'était levée de sa chaise, sûrement par peur ou surprise.
La chose s'approcha de la porte, qui semblait tout à coup minuscule tellement l'être était imposant. C'est alors que la porte s'élargit d'un seul coup, provoquant une sorte d'onde qui projeta violemment Alice en arrière. Lorsque la jeune femme se releva en frictionnant son coccyx, elle s'aperçut que la porte s'était éloignée. Elle regarda rapidement autour d'elle, et compris qu'en vérité la pièce c'était elle aussi agrandie. Elle paraissait très vide à présent, puisque les chaises n’occupaient qu'une très petite partie de la salle. Alice ne pu s'empêcher de rire en réalisant ceci.
La créature massive qui se trouvait au seuil de la porte il y avait quelque secondes avançait désormais lentement vers l'autre porte.C'était la chose la plus laide qu'Alice n'avait jamais vue, elle était particulièrement énorme, encore plus en surpoids que la tante de la jeune femme. Elle avait tant de bourrelets que ses vêtements semblaient malheureusement invisibles, et sa graisse descendait jusqu'à ses larges cuisses, toujours entièrement couverte de verrues et pustules.
-C'est un désastres, gémit la créature.
Alice fut surprise d'entendre sa voix, elle ne la pensait pas dotée de parole, elle l'aurais presque assimilée à un monstre ou un animal.
-Vous entendrez parler de moi à la gestion, vous verrez! Ajouta la chose en marchant lentement vers la porte opposée.
Curieuse de connaître l'interlocuteur et le sujet de cette discutions, Alice se leva rapidement, ajusta sa robe et s'approcha un peu.
-Puisque je vous dis que je ne suis pas responsable des effets secondaires et contrecoups. Cria une autre voix, féminine cette fois-ci, depuis l'autre pièce.
-Mais je voulais que les autres me remarque! Pas que je devienne un monstre! Rétorqua la créature en se retournant tant bien que mal.
-Vous n'avez pas précisé ceci. Maintenant tout le monde vous remarqueras, je vous en assure.
-C'est honteux de se jouer des gens ainsi!
-C'est honteux d'être aussi laid. Maintenant allez vous-en. J'ai d'autre clients. N'oubliez pas de signer le livre d'or avant de quitter la pièce.
-Je n'approuve pas ceci!
-Je ne vous demande pas d'approuver. Quittez cet endroit immédiatement ou j’appelle la sécurité.
La femme ne laissa pas le temps à la chose de répondre, la porte que tentait d'atteindre la créature s'ouvrit brusquement, puis une main noire énorme et squelettique en surgit, attrapa la chose gémissante par la taille et l'emporta dans l'obscurité de l'autre pièce.
Quand la porte se referma, faisant taire les pleurnichements de la chose, la pièce retrouva sa forme normale, diffusant une nouvelle onde. Amusée par l'activité élastique des murs et à la fois effrayée par cette main cauchemardesque, Alice laissa échapper un hoquet malgré elle.
-Suivante! Vociféra la voix féminine.
Surprise que la voix connaisse son identité, Alice s'avança vers la porte, par laquelle s'échappait encore la fumée, même si elle était moins épaisse qu'avant. Cette fumée piquait atrocement les yeux, Alice les protégea immédiatement en y portant ses mains. Elle tenta après quelque secondes d'habituer ses yeux à cette acidité, non sans laisser échapper quelque larmes. Après plusieurs secondes elle y arriva enfin, et lorsqu'elle s'apprêtait à réarranger sa jupe avant d'entrer, la voix l'interrompit:
-Bon la brunette, t'es bien jolie mais j'ai du boulot, tu rentres ou tu sors, mais reste pas encombrer l'entrée.
Vexée d'être traitée ainsi Alice ne bougea pas sur-le-champ, mais elle finit par rentrer dans cette nouvelle salle, tout en se demandant à quels types de bizarreries elle allait confrontée. Mais elle avait passé suffisamment de temps seule pour vite se convaincre d'avoir fait le bon choix. Elle n'allait surtout pas passer plus de temps là-dedans.
-C'est pas tout d'être dedans, maintenant 'faut avancer. S'exaspéra la voix.
-Mais où êtes-vous? Demanda Alice hésitante, elle ne voyait décidément rien à travers la fumée toujours présente.
-Avance! Lâcha l'autre personne dans un soupir agacé.
La jeune femme s'empressa de marcher droit devant elle, craignant que l'inconnue ne la réprimande à nouveau. Cette fumée la gênait vraiment, elle pensait qu'avec le temps elle s'était dissipée, mais visiblement non. De plus, elle ne connaissait pas la source de cette fumée, ceci l'intriguait vraiment, et elle n'osait pas non plus demander à la femme d'aérer un peu, histoire de faire évacuer la fumée. Elle continua à marcher jusqu'à ce qu'elle bute contre quelque chose qui semblait être une table.
-Pas trop près non plus. Grogna l'autre personne.
-Mais je ne vois rien du tout! Se défendit la jeune Alice.
Elle entendit la voix soupirer, et reçu quelque chose au visage.
-Attrape ça. Prévint un peu en retard l'interlocutrice.
La jeune femme se pencha et chercha à tâtons l'objet lancé, sans manquer de se cogner à la table à nouveau. Une fois qu'elle eût ramassé l'outil, elle reconnu qu'il s'agissait d'un éventail. Elle fit donc ce qu'elle avait à faire; éventa.
L'éventail estompa cette fumée d'un seul battement, et Alice vit enfin où elle se trouvait. Il s'agissait d'une sorte de bureau, les murs étaient couverts de bibliothèques, toute débordantes de livres qui ressemblaient à ceux qu'Alice avait trouvé chez son aïeule. Quelques parchemins étaient encadrés et accrochés à l'un des murs, et au centre du cercle formé par les cadres, une arme à double tranchant était posée sur deux petits crochets incrustés dans le mur. L'arme était assez longue, et aux extrémités brillaient deux croissants de lunes tranchants, ornés de pics acérés.
Par-dessus le parquet sombre était étendu un tapis magnifique aux couleurs violacées, sur lequel était brodé un portrait grimaçant de femme. Après une courte analyse, Alice devina qu'il s'agissait de la Gorgone, la célèbre créature mythologique aux cheveux de serpents.
Alice remarqua qu'il n'y avait pas de fenêtres , elle aurait effet eu du mal à faire évacuer la fumée .
-C'est bon, fini d'admirer?
Sans s'en rendre compte, Alice avait fait un tour sur elle-même tout en observant la pièce. Elle fini alors par poser les yeux sur l'étrange interlocutrice.
C'était une femme qui semblait avoir une trentaine d'années, elle était assise à une table perchée sur très hauts pieds, elle dominait toute la pièce grâce à son siège assortit à l'envergure de la table.Les cheveux de cette femme étaient coiffés d'une manière très originale, ils avaient l'air tellement longs et fins qu'elle avait dû les coiffer en entassant des chignons sur d'autres, en plus de quelques tresses, et évidemment la moitié avaient cédés.Leurs couleur aussi était surprenante, puisqu'ils semblaient être un mélange de vert et de bleu. Alice n'avait jamais vu ce type de couleur sur les cheveux de quelqu'un.
Elle portait un corset noir, et une jupe assez courte colorée de la même teinte que sa chevelure. Une paire de bas assortis à sa jupe habillaient ses jambes infiniment longues, et ses chaussures avaient des semelles et des talons surdimensionnés.
Le plus stupéfiant chez cette femme n'était pas sa coiffure originale, ni ses chaussures, mais ses trois paires de bras.
Chacun était longs et fin, parés de différents bijoux en argent. Elle tenait entre ses doigts minces différents outils, d'une main elle tenait une plume, dans une autre une montre à gousset qu'elle rangea rapidement dans une de ses poches, et dans une troisième main, un narguilé, qui était sûrement à l'origine de toute cette la à présent disparue.
-Bien, je suis Absolem. Et cesse de me dévisager ainsi.
Elle tapait d'une de ses mains la table répétitivement, exprimant son agacement.
Absolem ajusta son monocle sur son nez, tout en fouillant dans un des tiroirs de son bureau, à l'aide de quatre de ses autres bras libres, et grâce à une sixième main, elle tira une latte de son narguilé.
-Où suis-je s'il-vous plaît? Risqua timidement Alice.
Quitte à être réprimandée une nouvelle fois, Alice voulait vraiment savoir où elle était. La manière dont elle était arrivée dans la salle d'attente l'avait surprise, elle s'était faite au surnaturel, alors soit elle rêvait, soit elle était vraiment en Enfer, en face d'une femme hexapode des membres antérieurs.
La femme soupira une énième fois:
-Tu es en Enfer, ou à Underland, comme tu préfères, dans le second étage de la demeure de notre bien-aimé Satan, dans la section "Pactes et souhaits", administrée par principalement Orias, pour qui je travaille. Et j'ai suffisamment de paperasse comme ça, j'ai pas le temps de te faire une visite guidée.
-Satan existe vraiment? Je suis pour de vrai en Enfer? Fit Alice, toute heureuse d'être arrivée avec authenticité dans ce nouveau monde qui lui faisait tant envie.
-Pas de visites guidées. Compléta Absolem en sortant finalement une plume d'un tiroir.
-Et qu'est-ce que vous êtes d'ailleurs? Demanda Alice. Dans l’excitation, elle avait oublié toutes les règles de bienséance.
-Une chenille, ça se voit pas? Ironisa Absolem, visiblement irritée. Écoute cocotte, comme je te l'ai déjà dit, j'ai du boulot, et j'ai pas le droit de te laisser partir si t'as rien signé, alors bordel, dis-moi ce que tu veux que je puisse travailler.
-Vous êtes une chenille?! Répéta Alice impressionnée et à la fois perdue, Absolem n'avait vraiment pas l'air d'une chenille.
-MAIS NON ABRUTIE!
-POURQUOI VOUS LE DITES ALORS?
-ARRÊTE DE CRIER, ET DIT-MOI TON SOUHAIT QU'ON EN FINISSE!
-Ce n'est pas la formule, mon amie.. interrompit une voix dans le dos d'Alice.
La jeune femme se retourna, hors d'elle, fortement agacée par l'incapacité de l'autre femme à s'exprimer sans ambiguïté. Elle était face à la personne la plus normale depuis qu'elle avait récité son incantations, même si son accoutrement était tout à fait curieux. Absolem baissa alors ses six bras qu'elle brandissait en laissant tomber dans un tintement la paire de ciseaux qu'elle s'apprêtait à lancer à la visiteuse impétueuse.
-Patron, j'étais en train de..
-De ne pas respecter la méthode habituelle! coupa le supérieur d'Absolem, As-tu oublié la formule? En tant que secrétaire des Enfers tu te dois de respecter les procédures..
Alice fut surprise par sa manière de parler, il était très polyvalent sur sa tonalité, il passait du ton enjoué à celui de déçu très rapidement.
-"A votre service, pour quel que soit vos vices, j’exécuterais vos envies, mais au péril de votre vie." récita machinalement la femme, bien sûr que non, je travaille ici depuis bientôt deux milles ans, je la connais par cœur, Orias.
-Eh bien, tout va pour le mieux alors. Mademoiselle a-t-elle réfléchit à son souhait? Demanda t-il alors à Alice.
Orias se plaça entre elle et le bureau d'Absolem, attendant une réponse.
Cet Orias avait les cheveux vert courts en bataille, et sur sa tête était posé un très grand haut-de-forme, qui était décoré de diverses rubans et plumes. L'homme en face d'Alice était d'assez petite taille, son manteau l'accentuait encore plus, car le vêtement semblait être de deux tailles trop grand pour lui, et lui descendait jusqu'aux mollets. Sur ce manteau particulier étaient accroché une bonne cinquantaine d'écussons, de rubans et de perles. Sous ce manteau, il portait un veston violet par dessus une chemise blanche, et un pantalon rouge rayé.
Ses doigts étaient sacrément chargés; il portait une douzaine de bagues à ses doigts, sur certains il y avait même plusieurs bijoux. Sous ses bagues, on pouvais distinguer des pansements.
Les yeux d'Orias étaient rouges, assortit au papier-peint d'ailleurs. A son bras pendant un parapluie multicolore, qui allait parfaitement avec les décoration du manteau qu'il portait.
-Et bien? Insista t-il.
-Je..je voudrais...
Alice savait très bien ce qu'elle voulait. Mais La créature hideuse qu'elle avait vu précédemment semblait ne pas avoir formulé son souhait de la meilleure manière, et de un elle avait finit en monstre, et de deux un une main terrifiante l'avait emportée. Elle était consciente des risques qu'elle prenait en formulant un souhait, pactiser avec le diable était la pire chose à faire, elle devait exprimer sa demande le plus clairement possible, sans doutes ni incompréhension possibles, pour empêcher Absolem et Orias de se jouer d'elle, et de faire de sa vie.. un enfer.
-On a pas toute l'éternité, jeune fille. Siffla Absolem. Enfin si, mais pas à t'accorder.
-Voyons Absolem, laissez-la réfléchir.
La femme soupira à nouveau, et s'adossa lourdement à sa chaise.
-Je.. tenta Alice en vain.
Il était décidément difficile de formuler une phrase en faisant attention à tout les sous-entendus possibles. De plus, le regard appuyé d'Orias sur elle la gênait atrocement, tout se mélangeait dans sa tête.
Maintenant elle était sûre que l'Enfer existait. Cela voulait donc dire que les créatures surnaturelles existaient, elle en avait la preuve devant elle. Alice jeta un regard rapide vers Absolem, qui cachait son bâillement d'une main, admirait la manucure d'une autre, et à la fois et se recoiffait. Amusée elle regarda à nouveau vers sa gauche, et s’aperçut qu'Orias n'avait pas cessé de la fixer.
Fortement embarrassée, elle parvint à se concentrer à nouveau. Même si ce nouveau monde l'effrayait, l'inconnu l'attirait énormément: elle voulait tout connaître de celui-ci. Son idée était de demander à vivre ici. Elle se doutait que les grades ne devaient pas être très égaux, elle risquerait de se retrouver en sous-fifre, ou à la rue.
Pendant que la jeune visiteuse réfléchissait, Absolem se recoiffait à l'aide de tout ses bras, en fredonnant un air inconnu, tout cela en se balançant sur sa chaise. Alice prit enfin la parole:
-Je souhaite vivre ici dans de bonne conditions, selon mes critères du mot "bon".
A ces mots, Absolem perdit l'équilibre de son siège, et tomba a la renverse. Elle battit ses six bras en l'air avant de s'écraser au sol depuis sa gigantesque chaise. Orias, semblait lui aussi surpris par la demande d'Alice, mais ne prêta pas absolument attention à la chute spectaculaire de sa secrétaire, et marmonna d'un ton à la fois déçu et amusé:
-Quelle demande fermée.. Je vois que tu as quelques connaissance sur les pactes..
En vérité, elle n'en avait aucune.
-Quoi qu'il en soit, repris Orias en souriant, ta demande me plaît.
-Orias, appela Absolem en se relevant tant bien que mal sur haute chaise, tu vas devoir passer voir Satan, il te faut son accord avant qu'elle ne signe quoi que ce soit.
-Pourquoi? Demanda la jeune femme.
-Tu n'es pas la première à faire un vœu comme ceci. Tu dois effectuer quelques tests. De plus, je doute que Satan n'apprécie qu'un vivant se balade chez lui sans son consentement. Répondit Orias en soupirant.
-Et s'il ne veux pas? Interrogea Alice, craignant la réponse.
-Oh c'est simple, soit il te tue, soit Apollyon le fait.
-Ah.. s'étrangla la jeune femme.
-Ne t'en fais pas, ajouta Orias en voyant la mine dépitée de la jeune femme, je demanderais à ce que ce soit Apollyon qui le fasse, ça sera moins humiliant!
-Quelle adorable attention... Est-ce que, par tout hasard, j'ai le droit de changer de vœu? Tenta Alice déjà moins sûre d'elle.
-Oui bien sûr! Que souhaiterais-tu...
-Non. interrompit jovialement Absolem. J'ai déjà envoyé un courrier à Satan. Il vous reçoit à 27h30.
Absolem avait la tête appuyée sur une de ses paires de mains, et arborait un fier sourire à l'adresse d'Alice. Elle paraissait rayonnante, ses yeux gris sombres reflétaient la malice.
-Absolem, tu es tellement prévoyante. Tu es la meilleure secrétaire que je ne pourrais jamais avoir, vous êtes tellement fantastique, merci!
-Je t'en prie, Orias.
Aucun des personnages ne semblaient dérangés par l'heure erronée donnée par cette "parfaite secrétaire", excepté Alice complètement interloquée, qui venait en plus de remarquer le balancement d'Orias entre le vouvoiement et le tutoiement. Elle n'y avait pas vraiment prêté attention, mais ce mélange dans une seule phrase sonnait vraiment étrangement à l'oreille. Alice n'était pas bien sûre d'avoir compris ce qui c'était passé, la seule chose qu'elle avait comprise était qu'il y avait de gros risques qu'elle meure, si Satan ne voulait pas d'elle.
-E-et quelle heure est-il? Demanda t-elle, déstabilisée.
-25h42.
-Ooh, mais nous avons tout notre temps! Applaudit Orias gaiement. Allons Absolem, retournons au travail en attendant!
-Bien sûr.
La secrétaire saisit d'une main son narguilé, d'une autre fit négligemment un signe en l'air, et la porte par laquelle Alice était entrée s'ouvrit comme par magie. Et c'était bien par magie. Absolem croisa ses jambes, attrapa d'une main une plume, et cria avant de tirer une latte d'un autre main:
-Suivant!
